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Articles

Affichage des articles du 2010

On ne nait pas femme on le devient ?

« On ne nait pas femme on le devient » nous assurait Simone de Beauvoir dans « Le Deuxième Sexe ». Cette affirmation a fait couler beaucoup d'encre et a fait réagir d'innombrable lecteurs (initiés aux textes philosophiques ou ne l'étant pas) et lectrices (féministes ou conservatrices). En ce qui me concerne, ni initiée aux textes philosophiques, ni tout à fait profane, ni féministe, ni conservatrice, je crois sincèrement que l'on nait « fille » et que l'on devient « femme ». Pour avoir élevé deux garçons et une fille, je peux témoigner qu'il existe bel et bien et très tôt, une part de féminité instinctive chez la petite fille.
D'aucuns diront que c'est notre regard, pendant les premières heures de sa vie, qui font du bébé une fille ou un garçon (en dehors du sexe à proprement parlé), que notre héritage culturel fondé sur le patriarcat, codifie les gestes et les attitudes que nous pouvons (devons ?) avoir selon le sexe du bébé. Il est vrai qu'il y a …

La frustration



Pour l'élaboration de mon livre sur "Écriture et  Maternité"   j'ai sollicité le témoignage de mes collègues écrivaines. Très souvent, elles évoquent :


La frustration



Selon le dictionnaire Robert des synonymes, elle peut se rapprocher des sentiments suivants : Priver, léser, spolier, désavantager, déposséder, dépouiller… L’état d’écriture c’est aussi ça. L’écrivain vit avec la frustration à longueur d’année, tout au long de sa vie. Comme un criminel partage parfois son quotidien avec la culpabilité, la victime d’un attentat avec l’angoisse, le harcelé moralement avec la peur, l’écrivain vit avec la frustration. Rien n’y fait. Peut-être parvint-il à s’en débarrasser un temps. Le temps de « sortir » son livre. Le temps de « l’accompagner » auprès de son public. Le temps d’ajouter, (dans les Salons littéraires, festivals, foires en tous genres) ce qui doit être impérativement su par les lecteurs et qu’il avait « omis » d’écrire dans son ouvrage. Une fois cela fait, …

L'immortalité par les voies de l'esprit ou les voies naturelles ?

Depuis des siècles, les hommes écrivent pour laisser une trace de leur passage et de leurs pensées aux générations à venir. Beaucoup ont échoué (les anthologies recèlent d'un nombre incalculable de noms d'auteurs qui resteront à jamais inconnus), d'autres y sont parvenus pour avoir produit jadis une œuvre qui reste intemporelle ou pour avoir été des électrons libres, inclassables, novateurs ou « bousculeurs » d'idées reçues. Les hommes qui écrivent le font sans remords, sans sentiments de culpabilité. L'écriture est une évidence dès que le besoin s'en fait ressentir.Oui, mais voilà, tout homme rêve ou a rêvé de connaître un jour son « quart d'heure de célébrité », au pire, ou l'immortalité, au mieux. L'écriture en est une voie et sans doute la meilleure pour transmettre ses pensées, ses analyses, ses angoisses existentielles avec le dessein que l'écrit permet sinon une thérapie, au moins un exutoire. Rien n'est plus grisant pour un écrivain …

Quand l'écrivaine avale la mère

Basé sur ma propre expérience de mère et d’écrivain, cet ouvrage a pour ambition de mener une réflexion sur l’activité de l’écriture et celle de la maternité. A mi-chemin entre l’essai (avec une vraie recherche sur le(s)lien(s) entre l’écriture et la maternité) et le « journal intime » avec une analyse plus subjective de l’art d’écrire et de materner.
Le livre sera construit en chapitres alternant une réflexion objective (ce qui a déjà été écrit à ce sujet, les femmes écrivains francophones et leurs rapports à la maternité dans l’histoire de la littérature classique et moderne. « L’écriture et la maternité » dans le monde arabe et les pays Anglos saxons) et une réflexion subjective (ma propre expérience de femme, mère, écrivain francophone, issue de l’immigration berbère avec un héritage culturel arabo- musulman).
Dans ces deux grands chapitres seront développés les thèmes suivants (l’ordre n’est pas encore fixé et je songe encore à d’autres sous-chapitres.) :

La première fois (premiers …

Les femmes qui écrivent vivent dangereusement

Cette phrase n'est pas de moi mais est le titre d'un livre signé par Laure Adler et Stefan Bollmann aux éditions Flammarion.
Publié en 2007, l'essai évoque ces femmes écrivains qui comme Virginia Wolf, Colette, Françoise Sagan ou George Sand, notamment, sont considérées aujourd'hui, par les critiques et les historiens littéraires, comme de vrais génies de la plume. Dans le cadre de l'ouvrage que je tente de commettre sur «l' Écriture et la Maternité », je dois avouer que ce livre est une véritable mine d'informations. On y découvre le mal-être de ces femmes qui, harcelées par le besoin d'écriture et confrontées à l'impératif d'être reconnues par leurs confrères masculins, vivent constamment entre deux mondes, sur le fil du rasoir. Les femmes qui pensent font peur. Les femmes qui écrivent, terrorisent. Très longtemps, le monde des Lettres fut réservé aux hommes. Descartes écrit en français (au lieu du latin) « Discours de la méthode » afin, dit-il…