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Louis Ferdinand Céline et les femmes


Louis Ferdinand Céline


Les femmes de Louis Ferdinand Céline


Immense écrivain du XXème siècle (« Voyage au bout de la nuit », publié en 1938, est considéré comme un chef-d'œuvre absolu et il l'est sans nul doute) Céline est malheureusement connu aujourd'hui (presque) essentiellement pour ses écrits et ses positions antisémites. Céline, cinquante ans après sa mort, continu a être une énigme pour les écrivains, les lecteurs et les littérateurs de tous bords. Il inventa un style, une langue, une nouvelle approche de l'écriture fictionnelle et son talent reléve, aux dires de certains, pratiquement du génie. Pour un travail que je consacre « aux muses d'écrivains », je suis penchée depuis plusieurs jours sur la biographie de Louis Destouches (son vrai nom), afin de mieux connaitre celles qui traversèrent sa vie. Édith Follet, qu'il épousa juste après la guerre de 14 et mère de sa fille unique, Colette. Élisabeth Craig une danseuse américaine qu'il rencontra en 1926 et qui sera la plus grande passion de sa vie. C'est d'ailleurs à elle qu'il dédira le Voyage au bout de la nuit. Elle le suit à Paris, mais le quitte en 1933, peu après la publication du Voyage. Il part à sa recherche en Californie et apprendra qu'elle a épousée un certain Ben Tankel qui se trouve être... Juif. Éveline Pollet, auteure belge qui envoya une lettre à Céline pour lui avouer toute son admiration et qui finit par établir une longue relation avec lui, puis (liste non exhaustive) Lucette Almanzor, danseuse, elle aussi, comme Élisabeth Craig, qu'il épousa en 1943 et qui partagera les dernières années de l'écrivain (Louis Ferdiand Céline meurt en 1961).

« Bagatelle pour un massacre », « Les Beaux Draps », « L' École des Cadavres » sont les pamphlets que Céline consacre à ses pensées et positions antisémites. Introuvables de nos jours car aussi bien Céline de son vivant que Lucette Almanzor (toujours parmi nous à 96 ans) ont toujours refusé la réimpression de ces ouvrages sulfureux, dont les dernières éditions remontent aux années quarante. Aujourd'hui, « Bagatelle pour un massacre » se négocie au alentour des 300 à 400 euros sur les sites des bouquineries en ligne et cela va jusqu'à plus de 1100 euros pour les exemplaires dédicacés par l'auteur. Un DVD, consacré aux quelques rares apparitions en télévision de Louis Ferdinand, nous montre un homme anéanti qui déambule dans son jardin défraichi dans sa maison de Meudon, dans le département des Hautes-de-Seine.

A la vue de ce vieux bonhomme, qu'un vent trop fort pourrait faire vaciller, j'eus pitié. Pitié pour l'écrivain dont le génie littéraire fut d'un accablement tel que l'esprit ploya sous la médiocrité et l'ignominie de la misanthropie. Pitié pour le romancier à la verve si dense qu'en faire exclusivement profiter ses personnages lui semblait insuffisant. Céline transposa le degré de perfection de l'auteur à l'imperfection de l'homme de manière consciente ou inconsciente avec un brio génial. Il parvint à dissocier (mis à part dans ses pamphlets) l'écriture de l'œuvre littéraire de ses opinions belliqueuses. Il parvint à être « deux », celui qui écrit et celui qui pense. Celui qui nous emporte dans un « Voyage au bout de la nuit » et celui qui parvient à susciter un haut-le-cœur juste avec des mots (mais quels mots). Et les femmes qui ont partagé sa vie ? Qui l'on aimé à cause de son talent, malgré sa violence verbale envers les hommes de tous temps en général et ses contemporains en particulier ? Dans les images d'archives, ces femmes évoquent Céline avec les yeux de l'amour, elles ont aimé et cette part d'elles-mêmes a aimé le génie, l'écrivain d'exception, le médecin des pauvres, l'amoureux absolu. Je ne fais que commencer mon propre voyage parmi ces femmes séduites par ce séducteur atypique qui eut toutes les femmes qu'il a voulu. Je cherche, je découvre, je suis émerveillée et terrifiée à la fois, par ce que l'homme est capable de dire pour exorciser ses peurs, pour se justifier de n'être finalement qu'un simple mortel.

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