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mardi 10 janvier 2012

Bertrand Cantat au Manège

Communiqué de presse

Bertrand Cantat au Manège
Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Nous prenons la liberté de vous écrire notre indignation et notre refus des violences exercées à l’égard des femmes, ici comme partout dans le monde.
Pour vous rappeler aussi que dans nos civilisations occidentales avancées, 20% des femmes, toutes classes sociales confondues, subissent au cours de leur vie des violences physiques ou psychiques, graves et répétées, de la part de leur conjoint ou de leur compagnon.
6 par mois, c’est le nombre de femmes qui, en France, succombent sous les coups de ceux-ci.
Monsieur Cantat a alimenté cette sinistre comptabilité.
Qu’il se retrouve (en toute légalité puisqu’il a accompli la peine à laquelle il a été condamné) aujourd’hui sur la scène d’un spectacle auquel on attribue une dimension internationale et qu’il y figure en haut de l’affiche, contribue pourtant à la banalisation d’actes innommables, voire à leur compréhension et à leur pardon.
Pour notre part, nous considérons comme stupéfiant et atterrant qu’une institution culturelle de l’ampleur du Manège de Mons (qui sera en outre le fer de lance de Mons 2015), copieusement financée par les pouvoirs publics de la Communauté Wallonie-Bruxelles, de la Ville de Mons et de la Province du Hainaut – dont des représentants siègent d’ailleurs dans les organes de décision – ait choisi d’accueillir le spectacle de Sophocle mis en scène par Monsieur Mouawad et de tolérer, ainsi, sur son plateau une présence significative et d’importance de Monsieur Cantat.
Théâtre des Rues
20, rue du Cerisier - 7033 Cuesmes

samedi 31 décembre 2011

Bonne année ici et que Dieu soit avec le reste du monde.

Chers amis du blog,

Dans quelques heures, une nouvelle année commence. Immuablement, nous formulons des vœux pour nous et les autres avec l'espoir qu'au matin du premier janvier, un bouleversement viendra mettre de l'ordre dans le désordre de nos vies. Cette année sera la nôtre. Il ne peut en être autrement puisque aucune de celles passées n'a été indulgente à notre égard. Peut-être suis-je atypique au reste du monde mais ce soir, à minuit, je serai dans mon lit, comme chaque année. Je haïs veiller en règle générale et encore moins pour attendre l'année nouvelle dans l'hypothétique espoir qu'elle me révèle autre chose que je n'aie connu la veille. Rien ne  perturbera mon sommeil, mis à part les feux d'artifices accompagnés des éclats de rire enivrés de mes voisins. Connaissant mon indifférence pour le 31 décembre, toute ma tribu a choisi un endroit, parfois au-delà des mers et des frontières, pour vivre en communion la foi en "l'année nouvelle" !

 Allez, en cadeau, cette belle carte du monde dont le rouge (pourtant ma couleur préférée) domine magistralement. Elle n'est pas belle notre planéte ? Demain matin, le jaune sera dominant. En fermant les yeux ce soir (bien, bien avant minuit) je serai la seule à réellement y croire.

En jaune, les pays les moins corrompus au monde !



RangPaysScore IPC 2008
1Denmark9,3
1New Zealand9,3
1Sweden9,3
4Singapore9,2
5Finland9,0
5Switzerland9,0
7Iceland8,9
7Netherlands8,9
9Australia8,7
9Canada8,7
11Luxembourg8,3
12Austria8,1
12Hong Kong8,1
14Germany7,9
14Norway7,9
16Ireland7,7
16United Kingdom7,7
18Belgium7,3
18Japan7,3
18USA7,3
21Saint Lucia7,1
22Barbados7,0
23Chile6,9
23France6,9
23Uruguay6,9
26Slovenia6,7
27Estonia6,6
28Qatar6,5
28Saint Vincent and the
Grenadines
6,5
28Spain6,5
31Cyprus6,4
32Portugal6,1
33Dominica6,0
33Israel6,0
35United Arab Emirates5,9
36Botswana5,8
36Malta5,8
36Puerto Rico5,8
39Taiwan5,7
40South Korea5,6
41Mauritius5,5
41Oman5,5
43Bahrain5,4
43Macao5,4
45Bhutan5,2
45Czech Republic5,2
47Cape Verde5,1
47Costa Rica5,1
47Hungary5,1
47Jordan5,1
47Malaysia5,1
52Latvia5,0
52Slovakia5,0
54South Africa4,9
55Italy4,8
55Seychelles4,8
57Greece4,7
58Lithuania4,6
58Poland4,6
58Turkey4,6
61Namibia4,5
62Croatia4,4
62Samoa4,4
62Tunisia4,4
65Cuba4,3
65Kuwait4,3
67El Salvador3,9
67Georgia3,9
67Ghana3,9
70Colombia3,8
70Romania3,8
72Bulgaria3,6
72China3,6
72Macedonia (Former Yugoslav Republic of)3,6
72Mexico3,6
72Peru3,6
72Suriname3,6
72Swaziland3,6
72Trinidad and Tobago3,6
80Brazil3,5
80Burkina Faso3,5
80Morocco3,5
80Saudi Arabia3,5
80Thailand3,5
85Albania3,4
85India3,4
85Madagascar3,4
85Montenegro3,4
85Panama3,4
85Senegal3,4
85Serbia3,4
92Algeria3,2
92Bosnia and Herzegovina3,2
92Lesotho3,2
92Sri Lanka3,2
96Benin3,1
96Gabon3,1
96Guatemala3,1
96Jamaica3,1
96Kiribati3,1
96Mali3,1
102Bolivia3.0
102Djibouti3,0
102Dominican Republic3,0
102Lebanon3,0
102Mongolia3,0
102Rwanda3,0
102Tanzania3,0
109Argentina2,9
109Armenia2,9
109Belize2,9
109Moldova2,9
109Solomon Islands2,9
109Vanuatu2,9
115Egypt2,8
115Malawi2,8
115Maldives2,8
115Mauritania2,8
115Niger2,8
115Zambia2,8
121Nepal2,7
121Nigeria2,7
121Sao Tome and Principe2,7
121Togo2,7
121Viet Nam2,7
126Eritrea2,6
126Ethiopia2,6
126Guyana2,6
126Honduras2,6
126Indonesia2,6
126Libya2,6
126Mozambique2,6
126Uganda2,6
134Comoros2,5
134Nicaragua2,5
134Pakistan2,5
134Ukraine2,5
138Liberia2,4
138Paraguay2,4
138Tonga2,4
141Cameroon2,3
141Iran2,3
141Philippines2,3
141Yemen2,3
145Kazakhstan2,2
145Timor-Leste2,2
147Bangladesh2,1
147Kenya2,1
147Russia2,1
147Syria2,1
151Belarus2,0
151Central African Republic2,0
151Côte d´Ivoire2,0
151Ecuador2,0
151Laos2,0
151Papua New Guinea2,0
151Taijikistan2,0
158Angola1,9
158Azerbaijan1,9
158Burundi1,9
158Congo, Republic1,9
158Gambia1,9
158Guinea-Bissau1,9
158Sierra Leone1,9
158Venezuela1,9
166Cambodia1,8
166Kyrgyzstan1,8
166Turkmenistan1,8
166Uzbekistan1,8
166Zimbabwe1,8
171Congo, Democratic Republic1,7
171Equatorial Guinea1,7
173Chad1,6
173Guinea1,6
173Sudan1,6
176Afghanistan1,5
177Haiti1,4
178Iraq1,3
178Myanmar1,3
180Somalia1,0

mardi 27 décembre 2011

La zen attitude pour 2012


Etre zen ou espérer le devenir est l'aspiration de tous, en réalité. Même avec la meilleure volonté du monde tout, autour de nous, œuvre pour faire de l'être humain une personne colérique, impatiente, nombriliste et stressée. Je répète, chaque jour, à qui veut l'entendre, de n'accepter de déployer son énergie que pour ce qui semble essentiel dans la vie. C'est un discours qui ne trouve pas d'échos. Qu’à cela ne tienne, comme une bouteille à la mer je réitère : Nous n'avons qu'une vie. Chaque jour qui passe, elle raccourcit. Je pense aux  perpétuels insatisfaits, aux cavaliers qui détalent jusqu’à perdre haleine derrière une illusion, aux vénales qui s’installent dans leurs cloisonnements, à tous ceux qui passent sans regarder le sourire qu'un enfant leur tend. Mon jugement balance entre mépris et empathie mais ni l’un ni l’autre de ces sentiments ne se situe sur la palette des émotions de la zen attitude. Alors, je regarde, je dodeline la tête et passe mon chemin parce que cette année …
... c'est une promesse que je me fais. Rien n'aura plus d'importance que l'attitude postive envers la vie, envers les autres. Plutôt que de courir derrière le vent, je me laisserai porter par lui. Plutôt que de me brûler les ailes au soleil, j’attendrai que ses rayons se fraient un chemin parmi les cumulus.

Bonne année à tous !




jeudi 1 décembre 2011

Exhibition -l'invention du sauvage

Extrait de mon exposé de la conférence : « Comment gérer la diversité culturelle et de confession au sein de l’école »


Depuis quelques jours et jusqu’en juin 2012 se tient au musée du quai Branly une exposition initiée par Lilian Thuram et sa fondation contre le racisme qui s’intitule :
L'exposition est visible au musée du quai Branly
à Paris jusqu'en juin 2012


« Exhibition - l’invention du sauvage. » 


En m’intéressant d’un peu plus près à ce phénomène oublié,  j’ai découvert que « l’exhibition du sauvage » ou « spectacle ethnique » et un processus qui a commencé au 16e siècle  jusqu’au milieu du 20e siècle et qui est en fait l’exploitation du chiffre effarant de  35 milles hommes, femmes, enfants qu’on faisait venir d’Afrique, D’Asie, d’Océanie ou des Amériques pour les exhiber dans les théâtres, les revues de cabaret,  les foires, les zoos, les cirques etc. De 1800 à 1958 on parle de plus d’un milliard ( !!!) de visiteurs se bousculant pour contempler ces gens venus d’ailleurs au physique atypique.

 Dans les documents de présentation de cette  expo on peut lire : « Le spectacle exotique devient un spectacle de masse. Le visiteur découvre ces « acteurs de la sauvagerie » qui se produisent sur scène, devenant de véritables professionnels, tels les aborigènes, les femmes à plateaux, les amazones, l’archétype de l’Amérindien exhibé, qui marquera à jamais l’imaginaire  du Far West. Ces premiers spectacles façonnent et structurent le regard occidental sur l’altérité, et plus spécifiquement l’altérité en provenance des territoires que les différents états européens espèrent conquérir ou sont en train de coloniser. Cette époque de début de conquête impériale est aussi celle des théories portant sur la classification, la hiérarchisation de l’humanité et sur la notion de « race »  pensée savante qui a marqué les sciences humaines tout au long du 19e siècle. Ces spectacles ont formé le regard de l’Occident et profondément influencé la manière dont est appréhendée  l’Autre depuis près de cinq siècles. Si ces exhibitions disparaissent progressivement dans les années 30, elles auront alors accompli leur œuvre : créer une frontière entre les exhibés et les visiteurs. Une frontière dont on peut se demander si elle existe toujours ? »

Pour ma part,  cela m’éclaire sur un pan de notre histoire jamais évoqué, comme si on en avait tellement honte qu’on tentait de l’oublier en le refoulant dans notre subcontinent collectif ; mais comme le dit la gynécologue Danièle Flaumenbaum dans son livre « Femme désirée, femme désirante » ( Editions Payot 2006) pour des problèmes liés à l’intimité féminine mais tout à fait valable en sociologie: « les secrets et les non-dits enkystent la pensée et l’empêche d’avoir une vision clair de la vie. Il existe alors en nous une crypte dans laquelle ces traumatismes sont toujours actifs et ont besoin de s’exprimer d’une façon ou d’une autre ».

Et comment s’expriment-ils aujourd’hui ? C’est la question du jour. Le rejet, le racisme, la xénophobie, l’islamophobie etc. tous ces préjugés introduits depuis des siècles dans notre civilisation occidentale agissent comme une pathologie fantôme (la maladie n’existe plus mais son fantôme continu à hanter notre société.)

Pour paraphraser encore le docteur Flaumenbaum qui parle (toujours de cas gynécologiques) de symptômes engendrés par les pathologies de lignée où comment un mal passe de génération en génération sans qu’on ne sache trop pourquoi. Pour elle, il est impératif de comprendre ce qui ne va pas de génération en génération pour remédier à l’anomalie.

Et c’est là que je me questionne sur l’éducation à la mémoire que l’on donne aux jeunes dans les écoles. L’histoire que l’on enseigne est celle des évènements qui ont marqué l’Histoire  mais jamais ou rarement celle  des individus dans leur l’Histoire.  L’éducation à l’altérité c’est aussi permettre à chacun de mieux connaitre le parcours de ses parents,  grand- parents,  mais aussi le parcours des parents et des grands-parents de l’Autre.

 Aujourd’hui, la plupart des sociétés à travers le monde sont constituées d’individus issus de cultures différentes. Il est tout à fait exceptionnel de trouver des sociétés véritablement monoculturelles où la population partagerait tout à la fois la même culture, la même langue, les mêmes valeurs, les mêmes habitudes, les mêmes références.
 La diversité culturelle est donc fondamentale dans les sociétés d’aujourd’hui. C’est pourquoi, on parle actuellement de sociétés multiculturelles. Vivre ensemble, cela veut dire que nos cultures communiquent entre elles et s’enrichissent mutuellement. Cela ne se fait toutefois pas de manière abstraite. Ce sont les individus qui portent les différences culturelles. C’est pourquoi une société basée sur des ghettos culturels ne permettant pas aux personnes de vivre ensemble et de communiquer entre elles sur un pied d’égalité ne serait pas véritablement une société multiculturelle démocratique. Un pays d’apartheid, comme l’était l’Afrique du Sud, ou un pays qui pratique l’esclavage, peut en effet être multiculturel mais ne saurait être démocratique.





jeudi 27 octobre 2011

Le syndrome du Calimero


Le syndrome du Calimero



Nous gardons tous en mémoire Calimero, ce personnage de fiction, poussin anthropomorphe malchanceux, qui répétait inlassablement que le monde était « trop injuste ». Calimero, dans la série officielle est présenté comme le dix-septième poussin de la couvée d'une poule qui le renie car il est noir alors que tous les autres sont jaunes. Noir de la queue à la tête, il n'abandonne jamais la coquille de l'œuf dans lequel il est né.

Calimero est surtout connu des enfants qui ont grandi entre les années 1960 jusqu'à la fin des années 1970. Pour ma part, j'étais toujours terriblement émue par ce poussin mal compris, mal aimé, malheureux et solitaire. Ma fibre maternelle est née le jour où, pour la première fois, j'ai vu et entendu Calimero, je devais avoir cinq ou six ans. J'avais envie de l'adopter, de le prendre dans mes bras, de le protéger du monde rude et cruel jusqu'à accepter de recevoir les coups à sa place. Moi, j'étais forte, puisque potentiellement mère. Je pouvais donc, grâce à mon amour, lui offrir une nouvelle carapace solide en lui ôtant celle fragile et fissurée qu'il ne quittait jamais. Toute ma vie, je n'ai jamais cessé d'être la mère de Calimero. Enfant, adolescente, mère effective ou de substitution, mère sans faille et toujours vaillante. Les choses ont pris une ampleur conséquente lorsque je suis devenue la mère de mes propres enfants. Bravant les océans comme les amoncellements de vaisselle, gérant les conflits scabreux de l'ampleur de ceux traités par l'assemblée onusienne. Jamais malade, jamais fatiguée, jamais déprimée, toujours disponible, forte, en forme, souriante, pleine d’entrain. Conseillère, confidente, médiatrice, protectrice ! La mère de Calimero ne PEUT PAS se permettre de trébucher. Au quel cas, qui viellerait sur lui ?

Tout ça est une erreur incommensurable : tant que les démons de notre enfance ne sont pas affrontés, notre vie est dirigée par nos peurs. Pour devenir libre, il nous faut devenir adulte, ce qui ne va pas toujours de soi1.

Pour ma part, je suis devenue adulte très vite. Ma passion pour le Calimero remonte à l'enfance et la femme que je suis aujourd'hui ne cesse d'être troublée jusqu'au vertige par ce poussin au regard triste. Soulager sa peine est pour moi une sorte de sacerdoce, le mot est fort mais complètement adéquat. Nous pensons avoir grandi depuis la diffusion du dessin animé. Pourtant, il existe toujours un Calimero autour de nous. trente, quarante, cinquante ans, Calimero n'a pas d'âge ni de profil socio-professionnel particulier.  Un poussin fragile qui ne cesse de penser « que le monde est injuste » et que décidément, le bonheur n'est pas prévu dans le destin que la vie lui a tracé ! La mère poule (que je suis de  manière intrinsèque  et définitive) est là pour le rassurer, lui rappeler les aléas de la vie qui n’est pas « un long fleuve tranquille... » mais que je serai là, quoi qu'il advienne. Pourtant, au fur et à mesure de l’accumulation de petites misères quotidiennes, Calimero sature, s’épuise et la mère poule se sent impuissante, surtout lorsque le poussin se ramasse dans ce qui lui reste de coquille. Il se sent si fragile qu'il ne parvient pas à se laisser prendre. Il recule, s'effraye, renonce, se résigne et attend silencieusement que la roue tourne ou qu’une main le sorte de l’eau trouble et le sauve de la noyade, malgré lui !

Mais qui a dit que la vie était juste ? Cette idée que chacun a droit à sa part du gâteau est inscrite dans notre culture. Elle s’ancre pendant notre enfance, aux travers des paroles encourageantes dont nous inondent nos parents qui croient bien faire. “Si tu travailles bien à l’école, tu auras un bon boulot” C'est loin d'être évident dans la réalité. Quand nos efforts ne sont pas récompensés, comme Caliméro nous crions à l’injustice. Calimero pour devenir un jour un homme doit se poser les bonnes questions. Les questions qui permettent de toucher à l’essentiel, de se remettre en cause : Accepter l'échec pour mieux rebondir, accepter de recevoir mais aussi savoir donner. Calimero doit se débarrasser de sa coquille qui lui tombe sur les yeux et l'empêche de voir le monde, il doit intégrer l'idée que la mère poule a ses failles et à besoin elle aussi d'écoute et d'attention. La mère poule a le droit de pleurer et de ne pas se cacher pour le faire. La mère poule n'est pas invulnérable et immortelle. Il doit s'émanciper d'elle, couper le cordon mais garder un lien, plus constructif, plus fort, un lien qui construit, qui libère et non pas qui entrave. Calimero est prisonnier d'une geôle qu'il a érige lui-même. La mère poule peut venir lui apporter des oranges tous les jours mais plusieurs clés permettent de le libérer et il est le seul à les posséder.


1-(Isabelle Levert, psychologue )
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dimanche 9 octobre 2011

Sappho, son héritage aux écrivaines contemporaines

Sappho, son héritage aux écrivaines contemporaines

(Extrait de mon nouvel ouvrage )

Sappho


Sappho est probablement l'écrivaine lesbienne la plus connue de l'histoire de la littérature. Poétesse grecque qui vécue au VIIè siècle à Mytiline, sur l'île de Lesbos, son nom est d'avantage lié au choix de sa sexualité qu'à son œuvre poétique.  Interressant ce poème qui, avec une économie de mots, défini l'être, homme ou femme, que l'amour rend unique :

Pareille à la pomme douce qui rougit au bout de la branche, au plus fin sommet de l'arbre, l'ont-ils oubliée les cueilleurs de pommes ? Non, ils ne l'ont pas oubliée, mais ils n'ont pas pu l'atteindre.

En lisant les différents articles publiés par les historiens spécialistes de la Grèce Antique, il s'avère que Sappho ait été mariée et aurait eu une fille, Cléis. Elle l'évoque dans se fragment :

Je possède une jolie petite fille, pareille
à un bouquet de fleurs d'or, ma Cléis chérie,
que je ne donnerais ni contre toute la Lidye
ni contre l'aimable...
(la vertu ?)

Le terme de lesbienne tient son origine du lieu de naissance de Sappho : Lesbos 1, fréquemment visité par les touristes lesbiennes. Les poèmes de Sappho, passionnés et durs, sont inspirés par les femmes. Rien de fleur bleue et de romantique mais toujours violent et puissant :

L'homme fortuné qu'enivre ta présence
Me semble l'égal des dieux, car il entend
Ruisseler ton rire et rêver ton silence,
Et moi, sanglotant,

Je frissonne toute et ma langue est brisée :
Subtile, une flamme a traversé ma chair
Et ma sueur coule ainsi que la rosée
Âpre de la mer ;

Un bourdonnement remplit de bruits d'orage
Mes oreilles, car je sombre sous l'effort,
Plus pâle que l'herbe, et je vois ton visage
A travers la mort...


Elle ne parle pas de l'amour comme le font généralement les poètes. Elle emploie des termes brutaux pour évoquer la ou les passion(s) qu'elle ne parvient pas à maitriser. Le « saphisme », dans l'esprit collectif, défini le libertinage lesbien. A en croire Claude Mossé, historienne française, spécialiste de l'histoire de la Grèce antique, les mœurs étaient très libres dans ce type de société. Sappho n'était donc pas plus libertine que les Grecques de l'époque mais ses textes ou plutôt une infime partie de ceux-ci ( Les scribes chrétiens médiévaux n'ont pas jugé utile d'en faire la préservation ) font d'elle l'initiatrice des « amitiés honteuses ». Sappho aurait fondé puis dirigé à Mytilène une école pour jeunes filles où elle a enseigné la poésie la musique, la danse et les mystères d'Aphrodite ( Aphrodite est la déesse grècque de la germination, de l'amour, des plaisirs et de la beauté. Je retiens ce paradoxe qu'on accorde à la déesse, deux notions différentes : celle du plaisir de la chair, plus « terrienne » en quelque sorte, et celle de l'amour spirituel, pure et chaste qu'inspire sa beauté. La beauté et le plaisir de la chair seraient, selon les grecs anciens, et donc bien avant l'apparition des religions monothéistes, deux conceptions opposées. La bestialité de l'acte sexuel, impure et la perfection de la beauté, pure ! ).

Pour en revenir à Sappho, c'est donc parmi les élèves de son école qu'elle trouvait ses amantes. L'objectif de cette école est de permettre aux jeunes élèves de réaliser un idéal de beauté féminine que les Muses et la déesse qu'elles honorent ont les premières incarné. Les jeunes filles ne deviendront pas des prêtresses d'Aphrodite, elles se marieront tout comme leur maîtresse Sappho !




1 -Cette île et en particulier la ville de Eresos, rappelle Eros, Dieu grec de l'amour, dont le nom offrit la sémantique à des mots comme « érotique », « érogène » et tous ses dérivés. Éros est honoré en Grèce antique spécialement comme le Dieu de la pédérastie.

André Bonnard est le traducteur de la poésie de Sappho