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vendredi 13 avril 2012

Réponse à l'emission : Question à la Une





« Questions à la Une : Faut-il avoir peur de l'Islam ? »


Hier soir, j'ai regardé avec intérêt, mais l'amertume au cœur, le reportage que la RTBF et « Questions à la Une » consacraient à la communauté musulmane. Approchée et suivie pour cette émission par Frédéric Deborsu et son équipe dans une école où j'animais un débat sur la multiculturalité avec des élèves de rhétorique, puis au sein d'un atelier théâtre où je travaille avec un groupe de femmes à Molenbeek, j'avais l'espoir qu'un projecteur viendrait enfin éclairer l'identité plurielle qui caractérise la plupart des enfants de l'immigration, mais qui reste méconnue par la grande majorité de la population belge.

Oui, j'y ai cru, sincèrement (naïvement ?), j'ai appelé de tous mes vœux que cette émission importante qu'est « Questions à la Une » fasse enfin sortir de l'ombre cette majorité silencieuse – peut-être trop – et progressiste donc je fais humblement, mais fermement partie. J'ai caressé l'espoir que, dans cette tempête islamiste et fondamentaliste qui balaie le monde, « Questions à la Une » serait ce phare qui donne l'espoir au marin égaré.

Et puis, hier soir, la douche froide ! une fois encore, une de fois de plus – une fois de trop ? – cette litanie immuable, lancinante, lassante, récurrente depuis le 11 septembre 2001 : « Faut-il avoir peur de l'Islam ? ».



Frédéric Deborsu, je m'adresse à toi, directement (nous nous sommes tutoyés dès notre première rencontre, continuons donc à le faire !) Je te rappelle le début du courriel que tu m'as fait parvenir le 12 février dernier : « (...) Après le reportage sur le Prince Laurent, je me penche avec plaisir, passion et surtout avec objectivité et intérêt sur l'intégration, réussie (ou non) des Maghrébins de Belgique. L'objectif est large. De la récupération politique des partis traditionnels aux success-stories en passant par le succès du voile et le retour des jeunes à la mosquée, sans oublier les valeurs essentielles de l'Islam. Vaste programme ; j’aimerais évidemment des interventions sans langue de bois, mais pas sans nuance. Bref, votre avis compte pour moi (...) »

Avant d'accepter, je l'avoue aujourd'hui, j'ai hésité. J'ai pensé : « Malika, quoi que tu dises, quoi que tu fasses, il en disposera à sa guise, selon sa volonté et au nom de la liberté et de l'objectivité du journaliste. » Oui Frédéric dès le départ, j'étais consciente de ton pouvoir et de ma faiblesse, mais j'ai voulu relever le défi. J'ai voulu, en te présentant les comédiennes de la pièce de théâtre sur laquelle je travaille, te prouver que même au cœur d'une commune comme Molenbeek, des femmes s'expriment librement sur tous les sujets mêmes les plus tabous avec comme objectif de faire évoluer les mentalités. Mais ça, tu ne l'as pas compris, ou pas voulu le comprendre, malgré le temps que tu as passé avec elles dans une discussion animée qui m'a littéralement enchantée.

Qu'y avait-il de neuf dans ton émission d'hier ? Quelles « success-stories » as-tu retracées ? Quels portraits de l'immigration réussie as-tu brossés ? Quels « objectifs larges », as-tu ratissés ? Aucun ! Entre l'adolescente en hidjab intégral qui ne serre pas la main aux hommes et l'ado maquillée à outrance, les fesses serrées dans un short aguicheur, où doivent, où peuvent se situer les autres ? Mes nièces, mes cousines, mes belles-sœurs, mes amies, mes comédiennes, qui sont infirmières, enseignantes, secrétaires, médecins, juristes, universitaires, politiciennes ou même simplement mères de famille enseignant à leurs enfants les valeurs de l’identité multiples ? Oui Frédéric, elles existent, mais vers celles-là tu as omis d'aller.

Oui, il existe des cons misogynes qui se prétendent musulmans ; ceux-là, tu les as trouvés, tu les as mis en lumière. Oui, il y a des imams qui en portent le titre, mais qui ne retiennent du Coran que les chapitres servant l'étroitesse de leur esprit ; de ceux-là, tu as relayé les discours. Mais pourquoi ont-ils tant d'importance à tes yeux pour ainsi occulter la masse des musulmans ouverts, tolérants, intégrés, sincèrement adeptes de la démocratie, de la modernité, de l'égalité entre l'homme et la femme ? Ne viens pas dire que tu les as évoqués : tes quelques précautions oratoires, surtout énoncées pour mettre en exergue la dénonciation – justifiée, bien sûr – des extrémistes n'ont en rien mis leur travail quotidien en valeur. Les discours fondamentalistes existent certes, mais s'ils étaient vraiment légion, si l'influence de ces imams intégristes était telle que tu le laisses supposer, si les recueils misogynes, dont tu nous as fait une si brillante lecture, étaient le « petit livre rouge » du musulman, notre société à l'heure qu'il est serait en proie à une véritable guerre civile. Depuis dix ans je travaille à une meilleure compréhension mutuelle des communautés qui composent notre paysage ethnique, j'ai rencontré des milliers d'élèves, des centaines d'enseignants, des responsables d'ASBL qui ont dans leurs missions l'interculturalité et qui sont conscients (comme j'en suis consciente dans les écoles) qu'il faut, en effet, sans cesse remettre son ouvrage sur le métier. Je puis t'affirmer que les choses évoluent. Elles évoluent par la discussion. Elles évoluent surtout par la connaissance. Une connaissance qui doit être multidirectionnelle. Cette indispensable connaissance, en quoi ton émission l'a-t-elle servie ?

Laquelle avais-tu de cette communauté avant le 12 février 2012 ? Deux mois, seulement, entre ton mail et la diffusion de ton reportage, permets-moi de te féliciter pour ta capacité d'analyse et d'assimilation d'une situation sociale, politique et religieuse que des sociologues et des anthropologues étudient en Belgique depuis des décennies sans avoir acquis les certitudes qui sont les tiennes.

Frédéric, je prends acte du fait que mon parcours, de même que celui de tant d'autres qui œuvrent sans relâche en faveur d'un islam intégré et contre un islam intégriste, et ce dans l’intérêt des diverses communautés constituant notre pays, ne t'a pas semblé digne d'intérêt. J'ai hésité, je t'ai fait confiance, je n'ai pas de regrets, seulement de la tristesse et, je l'avoue, une certaine rancœur. Je réalise une de fois plus combien nous sommes solitaires, nous, issus de l'immigration maghrébine (ou autres, mais c'est la nôtre qui est ici fustigée), qui nous voulons, nous sentons progressistes. Combien décidément nous sommes inintéressants pour la machine de médias censés être au service du public, mais préférant à l'exposé objectif d'une réalité complexe un sensationnalisme sans doute plus garant d'audience.



Malika Madi



Ecrivain

mardi 10 avril 2012

Je ne suis pas raciste mais...

Les éditions M.E.O. ont le plaisir de vous présenter

la réédition de l’ouvrage « Je ne suis pas raciste, mais… »

de Malika Madi et Hassan Bousetta

(précédemment paru aux éditions Luc Pire et indisponible)



Comment des jeunes perçoivent-ils aujourd’hui l’immigration, la diversité culturelle et en particulier l’islam et les musulmans ?

Entre janvier et juin 2006, Malika Madi a parcouru les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles et animé une centaine de rencontres en classe dans le cadre du projet “Écrivain à l’école”. Chacune de ces rencontres fut pour elle l’occasion d’ouvrir le dialogue avec des élèves de 4e, 5e et 6e secondaires sur la question de l’altérité et des thèmes qui s’y rapportent comme l’immigration, la diversité culturelle, l’islam, etc.

Grâce à l’appui et l’engagement des enseignants, chaque visite fut précédée d’une séance au cours de laquelle les élèves furent amenés à rédiger librement un texte sur leur perception de l’Autre. Tous ces témoignages ont ensuite été soigneusement rassemblés par Malika Madi et ont servi de point de départ, tout autant que de matière première, à la rédaction du présent ouvrage.

Ce texte a surtout la volonté de poursuivre l’échange et tente d’apporter un complément d’information par rapport à ces débats qui, à l’évidence, interpellent les jeunes. Pour répondre à ce défi, Malika Madi s’est tournée vers Anne Morelli et Hassan Bousetta, qui ont prêté leur concours à l’analyse des témoignages et à la rédaction du livre.




LES AUTEURS

Malika Madi est romancière et animatrice d’ateliers d’écriture. Son roman “Nuit d’encre pour Farah” a obtenu le Prix de la Première œuvre de la Communauté française de Belgique.

Hassan Bousetta est chercheur au FNRS et travaille à l’Université de Liège au Centre d’Études de l’Ethnicité et des Migrations.

Anne Morelli, professeur de critique historique à l’Université Libre de Bruxelles, est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l’immigration en Belgique.



ISBN : 978-2-930333-50-2 Nombre de pages : 120 Prix : 15,00 EUR



« L’actualité internationale fait souvent état de tensions religieuses ou communautaires. Cela suscite bien des questions dans les écoles, révèle des peurs et provoque des replis qu’ils soient identitaires ou sécuritaires. Comment protéger les valeurs de tolérance, de respect et préserver la jeunesse des stéréotypes et préjugés provoqués par la méconnaissance de l’autre, par l’ignorance des cultures ? C’est l’objectif de cet ouvrage collectif (1) qui livre un panorama didactique des concepts liés aux migrations et à ses chocs culturels. A la fois synthèse et plaidoyer multiculturel, l’ouvrage se prête à une utilisation plurielle.

(…)

La diversité culturelle est un des fondements de nos sociétés contemporaines. Il est devenu rare de trouver encore dans le monde des sociétés monoculturelles. Dans une société multiculturelle, il conviendra de vivre ensemble : de communiquer et de partager sur un même pied d’égalité. C’est là, bien évidemment, que se trouve toute la difficulté. Toute société basée sur le ghetto ne peut être une société multiculturelle démocratique.

(…)



Les sociétés démocratiques se trouvent souvent face à un dilemme : relativisme culturel ou ethnocentrisme ? Poussés à l’extrême, ces concepts ou points de vue peuvent aboutir à une justification de pratiques qui sont antinomiques aux droits et libertés fondamentales. Ces mêmes pratiques ne sont pas nécessairement le fruit du religieux mais trouvent leurs origines dans la culture ou la société (l’esclavagisme, la misogynie, la ségrégation). Peut-on au nom de traditions et du respect des traditions se détacher de sa propre culture pour comprendre – et assimiler ? - celle des autres ou bien faut-il adopter le regard philosophique des droits de l’homme comme une donne véritablement universelle ?

(…) »

Christine Donjean (Revue « Réflexions », Université de Liège)


EXTRAITS : QUELQUES RÉFLEXIONS D’ÉLÈVES


«Les cultures sont faites pour échanger. Mais la religion n’est pas la culture, et les gens se trompent beaucoup là-dessus. Les cultures doivent être échangées, pas la religion, ça ne crée que des disputes» (Jenny, 16 ans)

«C’est surtout les évènements qui se déroulent dans le monde, comme les attentats, qui me poussent à avoir cette méfiance envers les musulmans » (Matthieu, 17 ans)

«C’est dommage que les étrangers se regroupent au lieu de se lier avec les autochtones» (Mathilde 15 ans)

dimanche 18 mars 2012

Ces riches qui s'installent en Belgique

Ces riches qui s'installent en Belgique

On ne peut échapper à la déferlante médiatique sur la présidentielle française avec son lot de débats et de déballages, de contradicteurs et de gifles impromptues à coup de brochure sur le programme électoral. Le chômage, l'immigration, la crise économique, la crise de l'euro, la santé et, le plus interpellant pour la belge que je suis, le débat que mène aussi bien François Hollande que Nicolas Sarkozy sur les exilés fiscaux. Il y aurait donc de riches français, artistes, sportifs et chefs d'entreprise, qui quitteraient la France pour trouver le "paradis" en... Belgique ! Comment et pourquoi cela est-il possible ? Moi qui ne comprends pas plus le mandarin que le jargon économique, j'avais pourtant cru comprendre il existait en France un bouclier fiscal plutôt favorable aux plus riches de nos voisins. Alors que font-ils en Belgique ? En tant que citoyenne attachée à sa région (la Wallonie) je ne suis qu'une observatrice qui a parfois beaucoup de difficultés à comprendre les tenants et les aboutissants d'une politique ou d'une décision prise au nom de la collectivité. Prenons ma ville, La Louvière, sinistrée économiquement, (la province du Hainaut fait peine à voir et cela quelle que soit sa région ou sa commune) elle abritait la légendaire usine de faïencerie Royal Boch. Celle-ci n'en finit pas d'être démantelée (démembrée ?) mur après mur, dans une longue agonie, sous le regard résigné des louvièrois qui ne peuvent s'empêcher de lorgner vers elle dès qu'ils négocient le rond point de la gare du Centre. Pendant 170 ans, la manufacture Royal Boch fut une véritable fierté à La Louvière. Comme le souligne un descriptif sur un des sites officiels de la marque " La réputation internationale de cette faïencerie belge établie à La Louvière est le fruit d'une grande aventure qui mêle depuis le XIXe siècle des créations exceptionnelles et des noms prestigieux".

Usine Royal Boch(  avant)

Site Royal Boch (aujourd'hui)

Alors comment en est-on arrivé là ? c'est une histoire longue et compliquée d'une famille industrielle qui se scinda en deux et dont la branche germanique n'en finit pas de faire fructifier la marque outre Rhin sous le nom de Villeroy et Boch, alors que celle qui resta implantée à La Louvière ne fit preuve d'aucune initiative ou projection innovante en faveur de la marque. Et puis la Chine, dit-on. La Chine et ses prix casés, la Chine et sa main d’œuvre bon marché, la Chine et ses vraies raisons mais aussi les fausses excuses dont il est facile d'user pour expliquer les stratégies hasardeuses et les choix regrettables. Au final donc, des ruines à la vision d'apocalypse en plein Centre ville pour remonter le moral des 20 % de chômeurs hennuyers qui ne voient plus le bout du tunnel de la crise économique. Et à côté de ça, notre petit pays serait un paradis fiscal pour les grandes fortunes. Du délire !!! Pour échapper à l’impôt sur les grande fortune (l'ISF), de plus en plus de patrons de PME et de cadres détenteurs de stock-options prennent le chemin de la Suisse, de la Grande-Bretagne et de notre Belgique. Notre royaume qui ne taxe ni la fortune ni les gains boursiers, est l'objet d'une double immigration fiscale: des Pays-Bas et de France. Chez nos voisins du Nord, l'impôt sur la fortune qui existait depuis la fin du 19e siècle a été formellement supprimé en 2001. Mais pour être remplacé par un impôt de 30% sur le rendement du capital (...) Cela fait des années que les riches Néerlandais s'installent en Belgique pour des raisons fiscales. Lieu de prédilection: tout le long de la frontière, sur une zone qui va de la chic banlieue nord d'Anvers jusqu'aux Fourons (proches de Maastricht), en passant par la Campine (...)1

S'il nous était possible de survoler les choses pour les percevoir en hauteur on pourrait observer les très riches pour qui l'argent est une fin en soi au point de jouer de tous les stratèges pour en garder le plus possible (par des moyens légaux ou illégaux) et puis les autres, nous, la grande majorité, pour qui l'argent est uniquement nécessaire au maintien de la tête hors de l'eau (et peut-être trouver un équilibre heureux ). Entre ces deux pôles, les politiques qui ne savent plus où puiser, qui taxer, qui épargner etc. On laisse tranquille les chômeurs chef de famille parce qu'ils sont au chômage et chef de famille mais on se rappel au bon soin des travailleurs précaires parce qu'ils travaillent même s'ils sont précaires.

Vers notre pays, le flux les plus actifs, pour le moment, vient donc de France, où l' émigration est encouragée par des publicités publiées dans Le Figaro (quotidien notoirement de droite )et divers journaux financiers. Beaucoup des capitalistes exilés reçoivent l'aide de «passeurs» c'est le terme utilisé. Lesquels n'hésitent pas à demander 8.000 euros par consultation. Ils justifient ces honoraires par les «350 analyses et rapports à éplucher concernant uniquement les problèmes liés à la Convention fiscale franco-belge.»1 L'un de ces passeurs explique que si, naguère, la Suisse était la plus prisée, «aujourd'hui, le nirvana des riches, c'est la Belgique. Et dans le plus scrupuleux respect des lois. A son arrivée à Bruxelles, un émigré français ne doit même pas négocier ses impôts comme à Genève.»(MarcoVanHees Publié dans Solidaire le 1er février 2006)




Dans un article sur les exilés fiscaux je suis tombée sur cette croustillante observation : Dommage que tous les Français qui viennent habiter en Belgique ne célèbrent pas leur arrivée comme l'a fait Anne-Marie Mitterrand, il y aurait une fête toutes les semaines... Ah, le sourire du député bruxellois Yves de Jonghe d'Ardoye lorsqu'il raconte les agapes des expats venus de France. Il y a trois ans, la nièce par alliance de l'ancien président de la République avait organisé une grande soirée pour son obtention de la nationalité belge. Pleine d'humour, la maîtresse des lieux avait imaginé un carton d'invitation en forme de passeport et invité Michel Barnier, alors représentant de la France à la Commission européenne. L'histoire ne dit pas si les Halley (Promodès-Carrefour), Mallart (Novalliance), Taittinger et autres convives français qui ont quitté la France pour échapper à l'impôt sur la fortune inventé par l'oncle d'Anne-Marie ont goûté l'ironie de la situation... Ce qui est certain, c'est que la plupart de ces riches expatriés fiscaux - qui débarquent par Thalys entiers - évitent d'annoncer leur arrivée au champagne.

1http://frerealbert.be/fiscalite/impt-sur-la-fortune/la-belgique-ses-frites-sa-bire-ses-refuges-pour-grosses-fortunes/

mardi 10 janvier 2012

Bertrand Cantat au Manège

Communiqué de presse

Bertrand Cantat au Manège
Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Nous prenons la liberté de vous écrire notre indignation et notre refus des violences exercées à l’égard des femmes, ici comme partout dans le monde.
Pour vous rappeler aussi que dans nos civilisations occidentales avancées, 20% des femmes, toutes classes sociales confondues, subissent au cours de leur vie des violences physiques ou psychiques, graves et répétées, de la part de leur conjoint ou de leur compagnon.
6 par mois, c’est le nombre de femmes qui, en France, succombent sous les coups de ceux-ci.
Monsieur Cantat a alimenté cette sinistre comptabilité.
Qu’il se retrouve (en toute légalité puisqu’il a accompli la peine à laquelle il a été condamné) aujourd’hui sur la scène d’un spectacle auquel on attribue une dimension internationale et qu’il y figure en haut de l’affiche, contribue pourtant à la banalisation d’actes innommables, voire à leur compréhension et à leur pardon.
Pour notre part, nous considérons comme stupéfiant et atterrant qu’une institution culturelle de l’ampleur du Manège de Mons (qui sera en outre le fer de lance de Mons 2015), copieusement financée par les pouvoirs publics de la Communauté Wallonie-Bruxelles, de la Ville de Mons et de la Province du Hainaut – dont des représentants siègent d’ailleurs dans les organes de décision – ait choisi d’accueillir le spectacle de Sophocle mis en scène par Monsieur Mouawad et de tolérer, ainsi, sur son plateau une présence significative et d’importance de Monsieur Cantat.
Théâtre des Rues
20, rue du Cerisier - 7033 Cuesmes

samedi 31 décembre 2011

Bonne année ici et que Dieu soit avec le reste du monde.

Chers amis du blog,

Dans quelques heures, une nouvelle année commence. Immuablement, nous formulons des vœux pour nous et les autres avec l'espoir qu'au matin du premier janvier, un bouleversement viendra mettre de l'ordre dans le désordre de nos vies. Cette année sera la nôtre. Il ne peut en être autrement puisque aucune de celles passées n'a été indulgente à notre égard. Peut-être suis-je atypique au reste du monde mais ce soir, à minuit, je serai dans mon lit, comme chaque année. Je haïs veiller en règle générale et encore moins pour attendre l'année nouvelle dans l'hypothétique espoir qu'elle me révèle autre chose que je n'aie connu la veille. Rien ne  perturbera mon sommeil, mis à part les feux d'artifices accompagnés des éclats de rire enivrés de mes voisins. Connaissant mon indifférence pour le 31 décembre, toute ma tribu a choisi un endroit, parfois au-delà des mers et des frontières, pour vivre en communion la foi en "l'année nouvelle" !

 Allez, en cadeau, cette belle carte du monde dont le rouge (pourtant ma couleur préférée) domine magistralement. Elle n'est pas belle notre planéte ? Demain matin, le jaune sera dominant. En fermant les yeux ce soir (bien, bien avant minuit) je serai la seule à réellement y croire.

En jaune, les pays les moins corrompus au monde !



RangPaysScore IPC 2008
1Denmark9,3
1New Zealand9,3
1Sweden9,3
4Singapore9,2
5Finland9,0
5Switzerland9,0
7Iceland8,9
7Netherlands8,9
9Australia8,7
9Canada8,7
11Luxembourg8,3
12Austria8,1
12Hong Kong8,1
14Germany7,9
14Norway7,9
16Ireland7,7
16United Kingdom7,7
18Belgium7,3
18Japan7,3
18USA7,3
21Saint Lucia7,1
22Barbados7,0
23Chile6,9
23France6,9
23Uruguay6,9
26Slovenia6,7
27Estonia6,6
28Qatar6,5
28Saint Vincent and the
Grenadines
6,5
28Spain6,5
31Cyprus6,4
32Portugal6,1
33Dominica6,0
33Israel6,0
35United Arab Emirates5,9
36Botswana5,8
36Malta5,8
36Puerto Rico5,8
39Taiwan5,7
40South Korea5,6
41Mauritius5,5
41Oman5,5
43Bahrain5,4
43Macao5,4
45Bhutan5,2
45Czech Republic5,2
47Cape Verde5,1
47Costa Rica5,1
47Hungary5,1
47Jordan5,1
47Malaysia5,1
52Latvia5,0
52Slovakia5,0
54South Africa4,9
55Italy4,8
55Seychelles4,8
57Greece4,7
58Lithuania4,6
58Poland4,6
58Turkey4,6
61Namibia4,5
62Croatia4,4
62Samoa4,4
62Tunisia4,4
65Cuba4,3
65Kuwait4,3
67El Salvador3,9
67Georgia3,9
67Ghana3,9
70Colombia3,8
70Romania3,8
72Bulgaria3,6
72China3,6
72Macedonia (Former Yugoslav Republic of)3,6
72Mexico3,6
72Peru3,6
72Suriname3,6
72Swaziland3,6
72Trinidad and Tobago3,6
80Brazil3,5
80Burkina Faso3,5
80Morocco3,5
80Saudi Arabia3,5
80Thailand3,5
85Albania3,4
85India3,4
85Madagascar3,4
85Montenegro3,4
85Panama3,4
85Senegal3,4
85Serbia3,4
92Algeria3,2
92Bosnia and Herzegovina3,2
92Lesotho3,2
92Sri Lanka3,2
96Benin3,1
96Gabon3,1
96Guatemala3,1
96Jamaica3,1
96Kiribati3,1
96Mali3,1
102Bolivia3.0
102Djibouti3,0
102Dominican Republic3,0
102Lebanon3,0
102Mongolia3,0
102Rwanda3,0
102Tanzania3,0
109Argentina2,9
109Armenia2,9
109Belize2,9
109Moldova2,9
109Solomon Islands2,9
109Vanuatu2,9
115Egypt2,8
115Malawi2,8
115Maldives2,8
115Mauritania2,8
115Niger2,8
115Zambia2,8
121Nepal2,7
121Nigeria2,7
121Sao Tome and Principe2,7
121Togo2,7
121Viet Nam2,7
126Eritrea2,6
126Ethiopia2,6
126Guyana2,6
126Honduras2,6
126Indonesia2,6
126Libya2,6
126Mozambique2,6
126Uganda2,6
134Comoros2,5
134Nicaragua2,5
134Pakistan2,5
134Ukraine2,5
138Liberia2,4
138Paraguay2,4
138Tonga2,4
141Cameroon2,3
141Iran2,3
141Philippines2,3
141Yemen2,3
145Kazakhstan2,2
145Timor-Leste2,2
147Bangladesh2,1
147Kenya2,1
147Russia2,1
147Syria2,1
151Belarus2,0
151Central African Republic2,0
151Côte d´Ivoire2,0
151Ecuador2,0
151Laos2,0
151Papua New Guinea2,0
151Taijikistan2,0
158Angola1,9
158Azerbaijan1,9
158Burundi1,9
158Congo, Republic1,9
158Gambia1,9
158Guinea-Bissau1,9
158Sierra Leone1,9
158Venezuela1,9
166Cambodia1,8
166Kyrgyzstan1,8
166Turkmenistan1,8
166Uzbekistan1,8
166Zimbabwe1,8
171Congo, Democratic Republic1,7
171Equatorial Guinea1,7
173Chad1,6
173Guinea1,6
173Sudan1,6
176Afghanistan1,5
177Haiti1,4
178Iraq1,3
178Myanmar1,3
180Somalia1,0

mardi 27 décembre 2011

La zen attitude pour 2012


Etre zen ou espérer le devenir est l'aspiration de tous, en réalité. Même avec la meilleure volonté du monde tout, autour de nous, œuvre pour faire de l'être humain une personne colérique, impatiente, nombriliste et stressée. Je répète, chaque jour, à qui veut l'entendre, de n'accepter de déployer son énergie que pour ce qui semble essentiel dans la vie. C'est un discours qui ne trouve pas d'échos. Qu’à cela ne tienne, comme une bouteille à la mer je réitère : Nous n'avons qu'une vie. Chaque jour qui passe, elle raccourcit. Je pense aux  perpétuels insatisfaits, aux cavaliers qui détalent jusqu’à perdre haleine derrière une illusion, aux vénales qui s’installent dans leurs cloisonnements, à tous ceux qui passent sans regarder le sourire qu'un enfant leur tend. Mon jugement balance entre mépris et empathie mais ni l’un ni l’autre de ces sentiments ne se situe sur la palette des émotions de la zen attitude. Alors, je regarde, je dodeline la tête et passe mon chemin parce que cette année …
... c'est une promesse que je me fais. Rien n'aura plus d'importance que l'attitude postive envers la vie, envers les autres. Plutôt que de courir derrière le vent, je me laisserai porter par lui. Plutôt que de me brûler les ailes au soleil, j’attendrai que ses rayons se fraient un chemin parmi les cumulus.

Bonne année à tous !




jeudi 1 décembre 2011

Exhibition -l'invention du sauvage

Extrait de mon exposé de la conférence : « Comment gérer la diversité culturelle et de confession au sein de l’école »


Depuis quelques jours et jusqu’en juin 2012 se tient au musée du quai Branly une exposition initiée par Lilian Thuram et sa fondation contre le racisme qui s’intitule :
L'exposition est visible au musée du quai Branly
à Paris jusqu'en juin 2012


« Exhibition - l’invention du sauvage. » 


En m’intéressant d’un peu plus près à ce phénomène oublié,  j’ai découvert que « l’exhibition du sauvage » ou « spectacle ethnique » et un processus qui a commencé au 16e siècle  jusqu’au milieu du 20e siècle et qui est en fait l’exploitation du chiffre effarant de  35 milles hommes, femmes, enfants qu’on faisait venir d’Afrique, D’Asie, d’Océanie ou des Amériques pour les exhiber dans les théâtres, les revues de cabaret,  les foires, les zoos, les cirques etc. De 1800 à 1958 on parle de plus d’un milliard ( !!!) de visiteurs se bousculant pour contempler ces gens venus d’ailleurs au physique atypique.

 Dans les documents de présentation de cette  expo on peut lire : « Le spectacle exotique devient un spectacle de masse. Le visiteur découvre ces « acteurs de la sauvagerie » qui se produisent sur scène, devenant de véritables professionnels, tels les aborigènes, les femmes à plateaux, les amazones, l’archétype de l’Amérindien exhibé, qui marquera à jamais l’imaginaire  du Far West. Ces premiers spectacles façonnent et structurent le regard occidental sur l’altérité, et plus spécifiquement l’altérité en provenance des territoires que les différents états européens espèrent conquérir ou sont en train de coloniser. Cette époque de début de conquête impériale est aussi celle des théories portant sur la classification, la hiérarchisation de l’humanité et sur la notion de « race »  pensée savante qui a marqué les sciences humaines tout au long du 19e siècle. Ces spectacles ont formé le regard de l’Occident et profondément influencé la manière dont est appréhendée  l’Autre depuis près de cinq siècles. Si ces exhibitions disparaissent progressivement dans les années 30, elles auront alors accompli leur œuvre : créer une frontière entre les exhibés et les visiteurs. Une frontière dont on peut se demander si elle existe toujours ? »

Pour ma part,  cela m’éclaire sur un pan de notre histoire jamais évoqué, comme si on en avait tellement honte qu’on tentait de l’oublier en le refoulant dans notre subcontinent collectif ; mais comme le dit la gynécologue Danièle Flaumenbaum dans son livre « Femme désirée, femme désirante » ( Editions Payot 2006) pour des problèmes liés à l’intimité féminine mais tout à fait valable en sociologie: « les secrets et les non-dits enkystent la pensée et l’empêche d’avoir une vision clair de la vie. Il existe alors en nous une crypte dans laquelle ces traumatismes sont toujours actifs et ont besoin de s’exprimer d’une façon ou d’une autre ».

Et comment s’expriment-ils aujourd’hui ? C’est la question du jour. Le rejet, le racisme, la xénophobie, l’islamophobie etc. tous ces préjugés introduits depuis des siècles dans notre civilisation occidentale agissent comme une pathologie fantôme (la maladie n’existe plus mais son fantôme continu à hanter notre société.)

Pour paraphraser encore le docteur Flaumenbaum qui parle (toujours de cas gynécologiques) de symptômes engendrés par les pathologies de lignée où comment un mal passe de génération en génération sans qu’on ne sache trop pourquoi. Pour elle, il est impératif de comprendre ce qui ne va pas de génération en génération pour remédier à l’anomalie.

Et c’est là que je me questionne sur l’éducation à la mémoire que l’on donne aux jeunes dans les écoles. L’histoire que l’on enseigne est celle des évènements qui ont marqué l’Histoire  mais jamais ou rarement celle  des individus dans leur l’Histoire.  L’éducation à l’altérité c’est aussi permettre à chacun de mieux connaitre le parcours de ses parents,  grand- parents,  mais aussi le parcours des parents et des grands-parents de l’Autre.

 Aujourd’hui, la plupart des sociétés à travers le monde sont constituées d’individus issus de cultures différentes. Il est tout à fait exceptionnel de trouver des sociétés véritablement monoculturelles où la population partagerait tout à la fois la même culture, la même langue, les mêmes valeurs, les mêmes habitudes, les mêmes références.
 La diversité culturelle est donc fondamentale dans les sociétés d’aujourd’hui. C’est pourquoi, on parle actuellement de sociétés multiculturelles. Vivre ensemble, cela veut dire que nos cultures communiquent entre elles et s’enrichissent mutuellement. Cela ne se fait toutefois pas de manière abstraite. Ce sont les individus qui portent les différences culturelles. C’est pourquoi une société basée sur des ghettos culturels ne permettant pas aux personnes de vivre ensemble et de communiquer entre elles sur un pied d’égalité ne serait pas véritablement une société multiculturelle démocratique. Un pays d’apartheid, comme l’était l’Afrique du Sud, ou un pays qui pratique l’esclavage, peut en effet être multiculturel mais ne saurait être démocratique.